Les pauses scientifiques de la délégation : 12e édition

09 juillet 2017

Jeudi 6 juillet 2017, à l'occasion de la journée internationale du baiser, Pauline Gonnord, post-doctorante dans l’équipe dirigée par Salavatore Valitutti au sein du Centre de recherches en cancérologie de Toulouse Purpan, est venue expliquer au collectif de la délégation, comment fonctionne notre système immunitaire, pourquoi il faut en prendre soin et comment il peut aussi nous protéger du cancer.

Pauline est convaincue de l’importance de sortir du laboratoire et d’aller à la rencontre des publics pour expliquer la démarche scientifique et faire passer des messages importants pour la population. C’est en s’appuyant sur une présentation très pédagogique illustrée par des infographies tirées d’un livret réalisé par l’EFIS European Federation of Immunological Societies intitulé «  Ton étonnant système immunitaire : comment il protège ton corps » qu’elle est intervenue.

Pourquoi parler du système immunitaire au moment de la journée internationale du baiser ? Lorsque deux personnes mélangent leur langue en s’embrassant, ils échangent 80 millions de bactéries et boostent ainsi leur système immunitaire qui, confronté à des agents potentiellement pathogènes, fabriquent des anticorps pour s’en protéger. Ces données ont fait l’objet d’une recherche universitaire en Hollande. Sans système immunitaire, on ne peut vivre normalement. Les bébés bulles porteurs du syndrome d’immunodéficience combinée sévère en sont dépourvus et sont condamnés à vivre dans un milieu aseptisé dépourvu de tout microbe.

Où est localisé notre système immunitaire dans notre corps ?
Partout ! En effet les globules blancs circulent dans le sang et dans la lymphe et surveillent en permanence, telle une patrouille, l’attaque éventuelle d’agents pathogènes. Les ganglions sont leurs lieux principaux d’action. Trois organes sont le siège de leur fabrication : la moelle osseuse, le thymus et la rate.

Comment notre système immunitaire nous protège-t-il ?
L’immunité innée, qui agit très rapidement et de façon non spécifique, fait intervenir des macrophages qui vont « manger » les microbes qui pénètrent l’organisme, mais aussi des granulocytes qui vont produire des messagers chimiques, les cytokines, qui informent les cellules avoisinantes et des molécules lytiques qui peuvent tuer les agents pathogènes. L’immunité adaptative, qui agit lentement et très spécifiquement, fait appel aux cellules Natural Killer, aux lymphocytes T (qui sont fabriqués dans le Thymus) et les lymphocytes B (qui sont fabriqués dans la moelle osseuse ou Bone Marrow en anglais). Les cellules NK et les lymphocytes T tuent les agents pathogènes directement en secrétant des messagers chimiques, les molécules lytiques. Les lymphocytes B fabriquent des anticorps spécifiques des agents pathogènes. Notre système immunitaire est capable de générer autant de récepteurs qu’ils n’existent d’antigènes de pathogènes, par combinaison aléatoire.

Comment ces cellules du système immunitaire agissent-elles dans le cas d’un cancer ?
Une cellule saine devient cancéreuse quand des mutations dans son génome génèrent des protéines modifiées. Ces protéines du soi modifiées sont alors présentées à la surface de la cellule et sont reconnues par les cellules du système immunitaire comme des antigènes tumoraux. Les lymphocytes T cytotoxiques s’attaquent alors à cette cellule cancéreuse. Malheureusement, certaines cellules cancéreuses restent invisibles parce qu’elles ne présentent pas à leur surface les antigènes tumoraux. Malgré tout, l’immunothérapie, qui consiste à booster le système immunitaire et son armée de lutte contre la prolifération des cellules devenues cancéreuses, reste une thérapie très prometteuse. Pauline s’intéresse en particulier à la leucémie lymphoïde chronique (LCC) et étudie le phénotypage des lymphocytes T cytotoxiques qui interviennent dans ce cancer du sang. Son projet consiste à photographier les récepteurs à la surface des lymphocytes T cytotoxiques afin d’observer leur évolution et de trouver des biomarqueurs qui préviendraient l’apparition de la maladie. Beaucoup de données à collecter et à croiser qui ont nécessité une collaboration avec l’Institut de mathématique de Toulouse. Un projet qui entre pleinement dans la médecine personnalisée de demain.
 

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