Anne Cambon Thomsen

Médecin de formation, Anne Cambon Thomsen s’est naturellement orientée vers la recherche biomédicale et l’Inserm. Elle a été chercheur pour l’Institut de 1976 à 1988 au sein de l’unité 100, ce qui fut sa première expérience en tant que statutaire.
Partie en post-doctorat au Danemark, en revenant en France, elle décide de retourner dans l’unité 100 de l’Inserm à Toulouse. Le mandat de cette unité arrivant bientôt à échéance et voyant sa détermination, le président de la Commission lui proposa de reprendre le flambeau et Anne devint ainsi, en 1985, à 35 ans, la première femme directrice d’unité de la délégation Inserm Midi-Pyrénées et Limousin, la plus jeune de France. « C’était un véritable défi à relever, il fallait maintenir une unité qui allait fermer ! A ce moment-là, je pense que je ne percevais pas tout cela ! Seul le but d’y arriver comptait. »

A partir de 1987, le CNRS lui propose de diriger un laboratoire de recherche CNRS voisin, en plus de l’unité 100, ce qu’elle accepte. Elle deviendra Directrice de recherche au CNRS en 1988, puis, en 1991, elle quitte la direction de l'U100 Inserm pour se consacrer à l'Unité CNRS, mais n’a depuis jamais cessé de travailler en partenariat avec l’Inserm, dont elle a rejoint une nouvelle Unité en 1999.

Aujourd’hui, si elle travaille encore sur l’immunogénétique, le système HLA, la transplantation et la diversité de la population humaine, elle se consacre essentiellement aux enjeux du développement de la génomique et des biothérapies en santé publique et à l'éthique. « Je m’interroge sur les conséquences du développement des technologies sur l’organisation du système de santé et du dialogue sociétal ». Elle a fondé une équipe interdisciplinaire qui regroupe des médecins, des pharmaciens, des juristes, des sociologues, des philosophes et des économistes. L’enjeu est alors de faire collaborer les acteurs de cette équipe autour d’une recherche unique en santé publique, où les questions sociétales sont centrales. « Maintenant qu’on a les connaissances sur le génome, qu’est-ce qu’on va en faire ? »

Mais cette nouvelle recherche signifiait aussi repartir de zéro, se retrouver comme une étudiante face un nouveau pari qu’Anne décida de relever. « Ce que permet le statut que l’on a dans la recherche publique, c’est de se remettre en question. On peut prendre des risques, relever des défis au niveau des projets. C’est regrettable que cela ne soit pas plus utilisé. » Pour devenir chercheur « il faut être psychologiquement armé, on est en compétition avec le monde entier sur un sujet et il faut tenir si cela ne marche pas. » Les domaines de la santé restent stimulants pour les jeunes et sont peut-être encore des secteurs de recherche où les obstacles ne sont pas rédhibitoires.

En 2011, lorsqu’elle siège au conseil scientifique de l'Inserm, Anne Cambon Thomsen participe à l’élaboration d’un dossier consacré aux femmes. « Nous avons constaté qu’à l’entrée, elles étaient recrutées de façon égale aux hommes, mais que sur les postes importants au fur et à mesure des carrières il n’y avait que peu de femmes. » Une attention particulière afin de pallier cette inégalité était donc nécessaire.
« Si je devais garder un souvenir, ce serait celui où, étant directrice de laboratoire, je rencontrais de nombreuses personnalités, mais étant aussi maman, je souhaitais rester disponible pour mon fils. Ainsi, j’avais donné comme consigne que si mon fils appelait, même si j’étais en réunion, il fallait me le passer. Un jour, alors que j’étais justement en réunion importante, il a appelé pour me demander la recette d’une mousse au chocolat, j’ai suspendu un instant le déroulement de la réunion pour lui expliquer comment procéder, puis on a repris et les autres souriaient. J’ai alors ressenti un sentiment de vie superposée, une bonne sensation, qui m’a marquée. »

Photographie ©Inserm

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