Cyrille Delpierre

Chargé de recherche au laboratoire d’ « Épidémiologie en santé publique : risques, maladies chroniques et handicaps »  (UMR 1027 Inserm/CHU), Cyrille Delpierre est un homme engagé. Titulaire d’un doctorat de sciences en épidémiologie de l’Université de Toulouse III, il travaille sur les déterminants biopsychosociaux de la santé et sur l’analyse des mécanismes de genèse des inégalités sociales de santé, plus particulièrement dans le domaine des maladies chroniques telles que  les cancers. En étudiant les inégalités face à la santé, son objectif est aussi d’influer sur les décideurs afin d’y remédier, parce que la recherche se doit d’être engagée dans la vie de la cité.

Entré à l’Inserm en 2008, Cyrille Delpierre a la recherche publique chevillée au corps. A l’origine de sa motivation pour entrer à l’Institut : le constat qu’il s’agit d’un des rares endroits où il est encore possible d’avoir une relative liberté de chercher et d’entreprendre. Selon lui, « l’Inserm est une institution qui permet d’améliorer les connaissances, sans la même pression à la rentabilité que celle rencontrée dans le privé ». L’analyse de la santé des populations et de ses déterminants  est une façon de revenir aux fondamentaux des missions de l’Institut et de son prédécesseur, l’INH, destinés à doter l’Etat d’un appareil scientifique d’aide à la prise de décision politique.

Si Cyrille Delpierre est passionné par son métier, qu’il souhaiterait plus accessible aux nouvelles vocations, il regrette certaines de ses évolutions. Futur chef d’équipe, il pointe du doigt les exigences du travail administratif, la part croissante que représentent la justification des recherches menées (dossiers d’évaluation notamment) et la quête de financement, activités prenant souvent le pas sur le temps de recherche. Plus largement, il déplore la politique de gestion des ressources humaines dans les institutions de recherche publiques, où la formation n’est pas valorisée et où les contrats sont de plus en plus précaires. Travaillant à la confluence de plusieurs disciplines et concevant la recherche comme un secteur où le décloisonnement doit être la règle, il regrette par ailleurs les financements sur projets croissants, qui laisse peu de place à l’interdisciplinarité et à la prise de risque.

Malgré ce contexte difficile, Cyrille Delpierre reste très attaché à son métier et tient à le faire partager au plus grand nombre. Si pour beaucoup la vulgarisation scientifique n’est pas fondamentale, il estime quant à lui, qu’il s’agit d’une mission fondamentale de service public. « Etant payé par de l’argent public, il est normal de faire un retour aux gens qui me permettent de faire mon travail », précise-t-il quand on l’interroge à ce sujet. Une recherche au service de la population, engagée, voilà ce à quoi est attaché au quotidien ce chercheur.

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